Savoir Rouler à Vélo : le guide complet pour les parents

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Illustration : Savoir Rouler à Vélo : le guide complet pour les parents

Prenons un exemple : Claire, un parent imaginé pour cet article, regarde son fils ranger son vélo contre le mur du garage. Il sait pédaler, bien sûr. Mais sait-il tendre le bras au bon moment, céder le passage, aborder un carrefour sans hésiter ?

C’est la question que se posent beaucoup de parents, et le Savoir Rouler à Vélo, souvent abrégé en SRAV, y répond. C’est un programme national, piloté par le ministère des Sports, qui vise à ce que les enfants se déplacent seuls à vélo, en sécurité, avant d’entrer au collège. Ce guide dit ce que l’enfant y apprend, à quel âge, pendant combien de temps, ce qu’il reçoit à la fin, ce que cela coûte à la famille et qui a le droit d’encadrer.

Le Savoir Rouler à Vélo, c’est quoi ?

Le SRAV est une formation courte. Elle apprend à l’enfant à se déplacer à vélo, d’abord à l’abri de la circulation, puis dans la rue, avec des adultes qualifiés autour de lui.

L’idée vient du Comité interministériel à la sécurité routière du 9 janvier 2018. Elle a ensuite été reprise dans le Plan vélo du 14 septembre 2018, comme l’indique la page de présentation du dispositif. Le gouvernement a lancé le programme en avril 2019, selon le pôle ressources national des sports de nature.

Que vise le ministère ? Trois choses :

  • devenir autonome à vélo ;
  • pratiquer une activité physique chaque jour ;
  • se déplacer de façon écologique et économique.

Rien de magique là-dedans. Le programme donne des gestes et des réflexes. Le reste vient avec la pratique.

Les 3 blocs du Savoir Rouler à Vélo

La formation avance par étapes. Les deux premiers blocs se déroulent sans circulation, en milieu fermé. Le dernier se déroule sur la voie publique. Les heures données pour chaque bloc sont des repères : les intervenants répartissent le temps selon le groupe. Tout le détail figure dans le socle commun publié par le ministère des Sports.

Bloc 1 : savoir pédaler

C’est le bloc des gestes de base. Il dure de 2 à 5 h selon le niveau de l’enfant, sans aucune circulation. On y travaille :

  • l’équilibre, pour tenir sur le vélo sans y penser, puis le pédalage, le virage et le freinage ;
  • la montée et la descente à l’arrêt, la ligne droite, le passage dans un couloir étroit de 30 cm sur 10 m ;
  • le slalom et le franchissement d’un petit obstacle ;
  • le casque : le mettre et le régler soi-même ;
  • le vélo : nommer ses éléments et vérifier freins, selle, pneus et roues ;
  • les éléments de sécurité : éclairage, freins, catadioptres, sonnette.

Votre enfant ne tient pas encore en équilibre ? Rien ne presse. Il peut s’y préparer en famille, comme le détaille notre article pour apprendre l’équilibre avant de pédaler avec la méthode draisienne.

Bloc 2 : savoir circuler

Ce bloc dure 3 h et se déroule lui aussi sans circulation. Ici, l’enfant n’apprend pas à mieux piloter : il apprend les règles du jeu.

  • les règles de la mobilité à vélo ;
  • les espaces de circulation adaptés aux vélos ;
  • l’art d’annoncer un changement de direction, puis de remercier ;
  • les principaux panneaux ;
  • la manière de rouler en tenant compte des piétons et des autres cyclistes.

L’intervenant observe l’enfant par tout moyen, ou lui fait faire un parcours seul, toujours en milieu fermé.

Bloc 3 : savoir rouler à vélo

Là, on sort. L’enfant roule en situation réelle, en autonomie, sur la voie publique. Ce bloc dure de 2 à 5 h, selon le temps passé sur le premier bloc. Il s’agit de :

  • rouler à droite ;
  • rouler en groupe ;
  • tenir compte des autres usagers : piétons, cyclistes, automobilistes, transports en commun ;
  • prendre sa place sur la chaussée, dans les giratoires et dans toutes les intersections.

Combien d’heures au total ?

Le total : 10 heures de formation au minimum, réparties en 3 blocs. C’est un plancher, pas un plafond. Un groupe qui a besoin de plus de temps peut dépasser ce volume. La répartition entre les blocs est laissée aux intervenants, selon le groupe.

Avant le bloc 3 : on vérifie les acquis

Personne ne lance un enfant dans la rue sans avoir regardé ce qu’il sait faire. Le dernier bloc ne commence qu’après une vérification de ce qui a été acquis dans les deux premiers.

Cette vérification passe par un livret pédagogique, remis au début de la formation. À défaut de livret, l’intervenant fait passer deux tests avant toute sortie sur la voie publique : un test de conduite en milieu sécurisé, et un test sur les panneaux et les espaces de circulation. Tout cela figure dans la foire aux questions du ministère.

Autre détail utile : les blocs peuvent être assurés par des intervenants différents, venus de structures différentes. Un enfant peut donc commencer à l’école, puis finir dans un centre de loisirs.

À quel âge ? Et après 11 ans ?

Le programme s’adresse aux enfants de 6 à 11 ans. Si votre enfant a plus de 11 ans, il peut tout de même le suivre, en dehors du temps scolaire, dans le cadre extrascolaire.

Votre enfant a déjà l’APER ? C’est l’attestation de première éducation à la route, qu’on obtient à l’école. Elle vaut de droit le bloc « savoir circuler ».

Une confusion revient souvent : le BSR, le brevet de sécurité routière, ne remplace rien ici. Il concerne le cyclomoteur, dès 14 ans, et n’a aucun rapport avec le SRAV.

Et si c’est vous, le parent, qui n’avez jamais appris ? Un guide existe aussi pour apprendre à faire du vélo quand on est adulte.

Obligatoire, permis, note : ce que le SRAV n’est pas

Trois idées reçues, trois réponses courtes. Le Savoir Rouler à Vélo n’est pas obligatoire. Ce n’est pas une évaluation : personne n’est noté. Ce n’est pas non plus un permis vélo, ni un diplôme, ni une certification pour l’enfant.

À la fin du dernier bloc, les enfants qui ont acquis les compétences de tous les blocs reçoivent une attestation de suivi. Pour savoir comment l’obtenir, lisez la démarche pour obtenir l’attestation.

Où le suivre, et qui peut l’organiser ?

Le programme peut se dérouler à trois moments :

  • sur le temps scolaire, à l’école ;
  • sur le temps périscolaire : les jours d’école et le mercredi ;
  • sur le temps extrascolaire : les samedis sans école, les dimanches et les vacances scolaires.

Cette distinction vient du Code de l’action sociale et des familles, article R227-1. Pour le détail de ce qui se passe hors de la classe, lisez le Savoir Rouler à Vélo en périscolaire et en extrascolaire.

Qui peut l’organiser ? Selon le ministère, plusieurs acteurs :

  • les associations sportives et d’autres associations ;
  • l’école ;
  • le centre de loisirs ;
  • la mairie ;
  • les professionnels du cycle ;
  • les coordinations sécurité routière en préfecture.

Pour trouver une formation, le ministère publie une carte interactive, « Près de chez vous ». Vous pouvez aussi poser la question à l’école, au centre de loisirs ou à la mairie. Votre rôle de parent est simple : demander.

Une direction d’école qui hésite trouvera des réponses dans le guide pour les directeurs d’école. Une commune peut regarder ce que l’association propose aux mairies et collectivités.

Combien ça coûte à la famille ? Faut-il son propre vélo ?

Dans la majorité des cas, la formation ne coûte rien à l’enfant.

Il peut arriver que des frais existent. La foire aux questions du ministère indique qu’ils peuvent aller jusqu’à 50 € par enfant. Ils couvrent le vélo et le casque, les intervenants et le livret. C’est un repère du ministère, pas un prix de Vélo Passerelle. Pour savoir qui finance quoi, lisez la page sur qui finance le Savoir Rouler à Vélo.

Pour le matériel, cela dépend de la formation. Certaines prêtent des vélos et des casques. D’autres non. Avant de vous inscrire, demandez ce qu’il faut apporter. Une question de trente secondes évite un matin de panique.

Qui encadre les enfants ?

Un enfant sur un vélo, c’est un enfant à protéger. La loi pose donc des règles pour les adultes qui encadrent une activité physique ou sportive contre rémunération. Elles figurent dans le Code du sport, article L212-1.

Concrètement, l’intervenant payé doit :

  • détenir une qualification inscrite au Code du sport pour cette activité ;
  • déclarer son activité au préfet du département où il exerce, déclaration qui se renouvelle tous les cinq ans, selon l’article R212-85 ;
  • posséder une carte professionnelle d’éducateur sportif en cours de validité, délivrée par le préfet.

Pour le vélo, il existe une certification de la branche du sport : le CQP Animateur de mobilité à vélo, enregistré au RNCP sous le numéro 40916. La fiche de France compétences précise qu’il sert à faire découvrir le vélo comme moyen de déplacement et à transmettre la technique pour rouler en autonomie. Il est inscrit au Code du sport pour des séances de découverte et d’initiation à la mobilité à vélo, dans l’annexe de l’article A212-1. Ce n’est pas un diplôme d’État.

Le ministère résume la règle dans son document sur les conditions d’encadrement : pour toute intervention payée, l’intervenant doit être qualifié au sens du Code du sport.

À l’école, une règle s’ajoute. Même avec les qualifications requises, un intervenant extérieur a besoin de l’autorisation préalable du directeur, et il agit sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant.

Un conseil de parent à parent : vous pouvez demander à voir la carte professionnelle. Une copie doit d’ailleurs être affichée dans le lieu de pratique, selon l’article R322-5. Un portail public permet aussi de vérifier une carte : recherche-educateur.sports.gouv.fr.

Où en est le programme en France ?

Le ministère publie des chiffres chaque année. Les derniers, pour 2025, figurent dans l’instruction publiée au Bulletin officiel de l’Éducation nationale n° 18 du 30 avril 2026, avec son annexe d’indicateurs. Nous les avons relus le 14 octobre 2026.

  • 264 361 enfants ont été formés, soit 94 % de la cible fixée. C’est 17,26 % de plus qu’en 2024.
  • La couverture nationale s’établit à 32,37 %.
  • Sur ces enfants, 94,43 % ont été formés sur le temps scolaire, 3,93 % sur le temps extrascolaire et 1,64 % sur le temps périscolaire.
  • Près de 3 367 attestations ont été remises à des enfants en situation de handicap en 2025, soit 1,27 % des enfants formés. Elles étaient 1 401 en 2022.

Que retenir ? Presque tout se passe à l’école. Les temps périscolaire et extrascolaire restent peu utilisés. L’objectif de 2026 le dit : garder le même niveau qu’en 2025, développer ces deux temps et augmenter le nombre d’intervenants.

Ce que Vélo Passerelle peut proposer

Vélo Passerelle est une association loi 1901 de Romainville, créée en juin 2026. Son objet, publié au JOAFE, le journal des associations, comprend le Savoir Rouler à Vélo dans les écoles.

Aucune séance n’a encore eu lieu. Ce qui suit décrit donc ce que l’association propose, pas ce qu’elle a déjà fait.

Elle propose d’organiser le programme avec une école, un centre de loisirs ou une mairie, sur devis, de façon itinérante depuis Romainville. L’encadrement serait assuré par un intervenant titulaire du CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916) et d’une carte professionnelle d’éducateur sportif. Pour voir l’offre en détail, rendez-vous sur l’offre Savoir Rouler à Vélo de l’association.

Deux façons de la contacter, selon votre situation :

Questions fréquentes sur le Savoir Rouler à Vélo

Le Savoir Rouler à Vélo est-il obligatoire ?

Non. C’est un programme proposé aux enfants, pas une obligation. Ce n’est pas non plus une note ni un permis vélo : l’enfant n’est pas évalué comme à l’école.

Combien de temps dure la formation ?

La formation compte 10 heures de formation au minimum, réparties en 3 blocs. Les intervenants répartissent ce temps selon le groupe, et ils peuvent aller au-delà.

Mon enfant a plus de 11 ans : peut-il encore le suivre ?

Oui. Passé cet âge, il peut suivre le programme hors du temps scolaire, dans un cadre extrascolaire. Le plus simple est de chercher un lieu sur la carte du ministère, ou de demander à la mairie.

Le mercredi, c’est du périscolaire ou de l’extrascolaire ?

C’est du périscolaire, au sens du Code de l’action sociale et des familles. L’extrascolaire, ce sont les samedis sans école, les dimanches et les vacances scolaires.

Que reçoit l’enfant à la fin ?

Une attestation de suivi, s’il a acquis les compétences de tous les blocs. Elle ne remplace ni une note, ni un permis, ni un diplôme.

Faut-il apporter son vélo et son casque ?

Cela dépend de la formation. Certaines prêtent le matériel, d’autres demandent de venir avec le sien. Posez la question à l’organisme avant le premier jour.

L’APER obtenue à l’école compte-t-elle ?

Oui. L’APER est l’attestation de première éducation à la route, remise à l’école. Un enfant qui la possède est de droit considéré comme ayant validé le bloc « savoir circuler ».

Un enfant en situation de handicap peut-il obtenir l’attestation ?

Oui. Chaque année, des enfants en situation de handicap obtiennent l’attestation. Renseignez-vous auprès de l’organisme qui propose la formation pour savoir comment elle se déroule.

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