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Cité éducative et vélo : financer une action hors temps scolaire en Seine-Saint-Denis

Une Cité éducative est un label demandé par une collectivité, avec la préfecture et le rectorat, pour ses quartiers prioritaires. Elle couvre tous les temps de vie de l'enfant, y compris le périscolaire et l'extra-scolaire. Une action vélo hors temps de classe peut donc s'y inscrire, mais chaque cité décide seule et rien n'est garanti.

Une Cité éducative, c’est quoi ?

Votre commune a une Cité éducative et vous voulez y inscrire une action vélo le mercredi ou pendant les vacances ? C’est une piste réaliste, si vous comprenez bien le label. Selon la page de l’ANCT, la Cité éducative est un label qui peut être demandé par une collectivité, associée à la préfecture et au rectorat, pour couvrir les quartiers prioritaires de son territoire.

Un quartier prioritaire, ou QPV, est un quartier que l’État a retenu pour la politique de la ville, parce que ses habitants y rencontrent plus de difficultés qu’ailleurs. Un label n’est pas un guichet : il ouvre l’accès à des crédits et à un travail en commun. Ce n’est pas un chèque, c’est un cadre.

Un label pour les enfants et les jeunes de 0 à 25 ans

L’ANCT est l’Agence nationale de la cohésion des territoires. Elle copilote les Cités éducatives avec l’Éducation nationale. Le but : mieux suivre les enfants et les jeunes avant, pendant, autour et après l’école. Les associations font partie de l’alliance des acteurs éducatifs, avec les parents, les services de l’État, les collectivités et les habitants.

En clair, le label ne s’arrête pas à la porte de la classe. Le rapport de la Cour des comptes précise que les cités éducatives couvrent le temps scolaire, mais aussi le périscolaire (avant et après la classe) et l’extra-scolaire (mercredis et vacances).

Trois objectifs nationaux

Le label s’organise autour de trois objectifs :

  • « Conforter le rôle de l’école » ;
  • « Promouvoir la continuité éducative » ;
  • « Ouvrir le champ des possibles », qui comprend notamment l’accès aux ressources culturelles et sportives de l’agglomération.

Une action vélo se rattache plutôt au deuxième et au troisième. Reste à convaincre ceux qui décident.

Un label désormais ouvert à tous les quartiers prioritaires

Au départ, seuls certains territoires pouvaient obtenir le label. Depuis 2024, il s’ouvre à tous les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Selon la Cour des comptes, un appel à manifestation d’intérêt lancé en 2024 a abouti en mai 2025 à l’annonce de 40 cités supplémentaires.

L’ANCT publie aussi des chiffres clés. L’État a engagé 247 millions d’euros sur la période 2019-2024. Le dispositif couvre plus de 600 quartiers prioritaires et 255 communes, et 9 000 actions sont réalisées chaque année au bénéfice des enfants et des jeunes. Ces chiffres sont nationaux : ils ne disent rien du budget de votre cité.

D’où vient l’argent d’une Cité éducative ?

Il y a trois sources de crédits. Mieux vaut le savoir pour ne pas frapper à la mauvaise porte. Chaque source a ses règles.

Les crédits de la politique de la ville (BOP 147)

Chaque Cité éducative reçoit une enveloppe de crédits « Politique de la ville », déléguée par l’État. Le BOP 147 est la ligne du budget de l’État consacrée à cette politique.

Le fonds de la cité, géré par le collège chef de file

Dans chaque territoire, un collège fait office de chef de file : c’est lui qui porte la cité. Selon la Cour des comptes, il reçoit chaque année un « fonds de la cité éducative » de 30 000 €, alimenté à parts égales par le ministère de l’Éducation nationale et par le ministère chargé de la Ville.

Le principal du collège engage ces crédits, pour l’ensemble des établissements scolaires de la cité. Ce fonds est géré par le collège chef de file : ce n’est ni une aide ouverte aux associations, ni un plafond par projet.

Les cofinancements des collectivités et des partenaires

Les collectivités engagées et leurs partenaires apportent au minimum 30 % de cofinancements. Un cofinancement, c’est une part du budget payée par un autre financeur que l’État. D’autres ministères et opérateurs peuvent aussi accompagner le projet : le sport, la santé, la culture, ou la Cnaf, la caisse nationale des allocations familiales.

Des crédits limités, arbitrés par chaque cité

Les sommes restent limitées. Selon la Cour des comptes, la loi de finances pour 2025 prévoit 91,02 M€ pour les cités éducatives, contre 139,4 M€ programmés au départ. Chaque cité doit donc faire des choix.

Pour un porteur de projet, la conséquence est simple : aucun barème n’est publié, chaque cité arbitre. On ne trouve ni montant type, ni plafond, ni plancher. La dotation de chaque cité du 93 n’est pas non plus publiée. La seule personne qui peut vous répondre est la coordination locale de votre cité.

Qui décide, et à qui s’adresser ?

Savoir qui décide évite de perdre des mois sur un projet envoyé au mauvais endroit.

La « troïka » : préfecture, Éducation nationale, commune

Le mot « troïka » désigne trois pilotes qui décident ensemble. Ici, ce sont la préfecture, l’Éducation nationale et la commune. L’instance stratégique réunit le DASEN, c’est-à-dire le directeur académique des services de l’Éducation nationale du département, le préfet et le maire.

En Seine-Saint-Denis, un chargé de mission peut assister le copilote de l’Éducation nationale. Il coordonne les actions avec les trois pilotes. La page de la DSDEN de la Seine-Saint-Denis présente les cités du département.

Appel à projets, AMI ou co-construction : chaque cité a sa méthode

La Cour des comptes décrit la cité éducative comme un point d’entrée unique, auquel tous les acteurs du territoire ont vocation à s’adresser. Selon les cités, les projets arrivent de plusieurs façons : par un appel à projets, par un appel à manifestation d’intérêt (AMI, une invitation à se signaler avant de déposer un dossier complet), ou par des projets écrits à plusieurs. Cela change d’une cité à l’autre.

Beaucoup d’actions sont portées par des associations subventionnées. Notre conseil : avant d’écrire un projet, appelez la coordination locale de la Cité éducative. Elle vous dira quelle méthode s’applique chez vous et quels sujets elle cherche à couvrir. Un coup de fil au bon endroit vaut mieux qu’un long dossier au mauvais.

Le dépôt sur Dauphin

En Seine-Saint-Denis, les demandes de subvention de la politique de la ville se déposent sur Dauphin, la plateforme de l’ANCT. Chaque structure y a un identifiant, appelé code tiers. En Seine-Saint-Denis, le même compte sert pour le contrat de ville, Quartiers d’été et les Cités éducatives.

Le circuit exact de votre cité reste à confirmer auprès de l’équipe locale. Pour monter le dossier pas à pas, lisez les étapes d’une demande de subvention pour une action vélo.

Le vélo a-t-il sa place dans une Cité éducative ?

Oui, les sources le montrent. Mais aucune ne promet qu’une action vélo sera retenue. Voici ce qu’on sait.

Un exemple relevé par la Cour des comptes : Tours

La Cour des comptes cite la cité éducative du Sanitas, à Tours. Dotée d’un budget de 481 175 € en 2024, elle a financé 54 actions. Parmi elles, des activités sportives comprenant le savoir rouler à vélo, comme le détaille le rapport de la Cour des comptes.

C’est un exemple hors Seine-Saint-Denis. Il montre que c’est possible. Il ne montre pas que c’est la règle.

Le Savoir Rouler à Vélo dans la liste du ministère

Le ministère de l’Éducation nationale publie une liste de sources de financement du Savoir Rouler à Vélo. Dans l’annexe 4 de cette instruction, les Cités éducatives figurent sous la rubrique « Politique de la ville et quartiers prioritaires », dans une liste qu’il dit non exhaustive.

Le Savoir Rouler à Vélo s’adresse aux enfants de 6 à 11 ans : 10 heures de formation au minimum, réparties en 3 blocs. Le détail se lit dans la foire aux questions du ministère des Sports. Selon la présentation du dispositif, il peut être organisé par des associations, par l’école, par le centre de loisirs ou par la mairie. Pour voir comment une association le met en œuvre, lisez le Savoir Rouler à Vélo tel que l’association le propose.

Sport et égalité d’accès : ce que disent les textes

En Seine-Saint-Denis, l’objectif « Promouvoir la continuité éducative » comprend notamment « Développer le sport scolaire, la pratique sportive et les activités de bien-être corporel ». Un projet de vélo peut s’y rattacher.

La loi va dans le même sens. L’article 1er de la loi du 21 février 2014 place parmi les objectifs de la politique de la ville l’égalité réelle d’accès à l’éducation, à la culture et au sport pour les habitants des quartiers défavorisés. Pour les adolescents et les adultes du quartier, une vélo-école hors temps de classe pourrait aussi trouver sa place dans ce cadre.

Les Cités éducatives en Seine-Saint-Denis et à Est Ensemble

Votre commune est-elle labellisée ? Le plus simple est de regarder la liste du département.

Quatorze territoires labellisés à la rentrée 2025

La page de la DSDEN de la Seine-Saint-Denis liste 14 territoires, par année de labellisation :

  • 2020 : Aulnay-sous-Bois, Bondy, Clichy-sous-Bois, La Courneuve, Sevran ;
  • 2021 : Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, Pantin (quartier des Quatre-Chemins), Saint-Denis ;
  • 2022 : Bobigny, Romainville, Saint-Ouen-sur-Seine ;
  • 2025 : L’Île-Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine.

Cette liste date de la rentrée 2025. Elle peut changer, car le label s’ouvre à tous les quartiers prioritaires.

Quatre villes d’Est Ensemble

Est Ensemble est un établissement public territorial, c’est-à-dire un regroupement de communes qui exerce certaines compétences en commun. Il regroupe neuf villes : Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville. Quatre d’entre elles figurent dans la liste de la DSDEN : Bobigny, Bondy, Pantin et Romainville.

Pour le 93 en général, voyez la page sur la Seine-Saint-Denis.

Romainville : un label reconduit en 2025

Romainville est labellisée depuis septembre 2022. Le label a été reconduit en 2025 pour trois ans. Selon la page de la Ville de Romainville, il concerne les quartiers prioritaires de la commune, ainsi que des collèges et des écoles.

Parmi les axes de la cité, trois pourraient accueillir une action vélo :

  • « Favoriser la pratique sportive et la liaison clubs-établissements scolaires – familles » ;
  • « Éduquer au développement durable et à la transition écologique et alimentaire » ;
  • « Favoriser la mobilité géographique et mentale ».

Ces axes sont des pistes. Ils ne prouvent pas qu’une action vélo soit déjà financée à Romainville.

Les projets sont recueillis par appel à projets, puis choisis en comité de pilotage. Cette instance vérifie leur faisabilité et leur cohérence avec les objectifs de la cité. Pour 2022-2023, 32 projets ont été retenus, et 64 s’inscrivent dans la démarche pour 2023-2024. Aucune date de dépôt n’est donnée ici : elle change selon les campagnes.

La Cité éducative n’est qu’un guichet parmi d’autres pour un quartier prioritaire. Pour voir lesquels, consultez les autres guichets de la politique de la ville pour une action vélo.

Subvention ou devis : deux façons de payer une action vélo

Pour une action vélo, une structure peut passer par une subvention ou par un devis. Ce n’est pas la même chose. Tout dépend de qui fixe le besoin.

Selon l’article 9-1 de la loi du 12 avril 2000, une subvention finance une action initiée, définie et mise en œuvre par l’organisme privé qui la reçoit. Elle ne peut pas payer une prestation individualisée qui répond aux besoins de celui qui l’accorde.

Quand la structure publique fixe elle-même le besoin, c’est donc un marché. Sous 60 000 € HT pour des services, un acheteur public peut commander sans publicité ni mise en concurrence préalables, selon l’article R2122-8 du code de la commande publique, en vigueur depuis le 1er avril 2026. HT veut dire hors taxes : le seuil se lit avant la taxe. Pour les marchés plus gros, lisez commander une action vélo : marché ou devis.

Ce que Vélo Passerelle peut proposer

Vélo Passerelle est une association loi 1901, créée en juin 2026 et basée à Romainville. Elle est membre du réseau FUB, la fédération des usagers de la bicyclette. Son objet, publié au Journal officiel des associations, prévoit de mettre en œuvre le Savoir Rouler à Vélo et de nouer des partenariats avec les écoles, collectivités, bailleurs et acteurs sociaux du territoire.

L’association peut proposer, sur devis, des séances de Savoir Rouler à Vélo ou de vélo-école sur le temps périscolaire ou extra-scolaire. Une école, un centre social, une commune ou une structure de la Cité éducative pourrait les commander. L’association interviendrait de façon itinérante depuis Romainville, sans local.

L’encadrant est titulaire du CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916) et d’une carte professionnelle d’éducateur sportif. Le CQP n’est pas un diplôme d’État : c’est une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles, que décrit la fiche de France compétences.

Bon : l’association n’a encore réalisé aucune séance. Ce que vous lisez ici est une offre, pas un bilan. On part de zéro, et on le dit.

Pour voir ce qu’elle propose aux écoles, lisez la page écoles et périscolaire ; pour les centres sociaux, celle des centres sociaux. Pour les autres pistes, lisez les autres aides pour financer une action vélo.

Vous voulez cadrer un besoin avec l’association ? Demandez un devis à l’association.

Informations vérifiées le 12 octobre 2026.

Questions fréquentes

Une Cité éducative peut-elle financer une action vélo ?

Oui, c'est possible. La Cour des comptes cite une cité qui a financé le savoir rouler à vélo, et le ministère range les Cités éducatives parmi les sources possibles du Savoir Rouler à Vélo. Mais chaque cité décide, et aucun financement n'est garanti.

Faut-il que l'action ait lieu pendant la classe ?

Non. Les Cités éducatives couvrent le temps scolaire, le périscolaire et l'extra-scolaire. Une action le mercredi ou pendant les vacances peut donc être étudiée.

Qui décide du financement d'une action ?

Trois pilotes décident ensemble : la préfecture, l'Éducation nationale et la commune. À Romainville, les projets sont ensuite choisis en comité de pilotage. Aucune date n'est valable partout : chaque cité a son calendrier.

À qui s'adresser dans ma commune ?

À la coordination locale de la Cité éducative, qui sert de point d'entrée. Le site de la DSDEN du 93 recense les cités du département, et votre mairie peut aussi vous orienter.

Une association peut-elle utiliser le fonds de la cité ?

Ce fonds est engagé par le principal du collège chef de file, au bénéfice des établissements scolaires. Ce n'est pas une aide ouverte aux associations. Pour savoir ce qui est possible, renseignez-vous auprès du collège et de la coordination.

Ma commune est-elle labellisée ?

La liste à jour figure sur la page de la DSDEN de la Seine-Saint-Denis. Depuis 2024, le label est ouvert à tous les quartiers prioritaires, donc la liste peut évoluer.

Quand déposer un projet ?

Les calendriers et les méthodes varient d'une cité à l'autre : appel à projets, appel à manifestation d'intérêt ou co-construction. Demandez à la coordination locale. En Seine-Saint-Denis, le dépôt se fait sur la plateforme Dauphin.

Combien peut-on obtenir ?

Aucun barème n'est publié pour les porteurs de projet. Chaque cité arbitre selon ses crédits et ses priorités. La coordination locale est la seule à pouvoir vous renseigner pour votre projet.

Sources

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