Centre social : inscrire le vélo dans le projet social

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« Qui finance les séances ? » « Comment mobiliser les habitants ? » Des centres sociaux posent ces deux questions dès qu’une idée de vélo-école ou d’atelier de réparation circule dans l’équipe. Elles sont justes. Mais il en existe une avant elles : où cette action se range-t-elle dans le projet social du centre ?

Voici la réponse courte. Une action vélo entre dans le projet social quand elle répond à un besoin du diagnostic. Elle porte alors un objectif, des résultats attendus et des indicateurs de suivi. Ensuite, la Caf se prononce sur le projet. La Caf le dit ainsi : « Les centres sociaux sont des lieux de proximité à vocation d’animation, familiale et intergénérationnelle et qui accueillent toute la population en veillant à la mixité sociale. »

L’association Vélo Passerelle n’a encore animé aucune séance. Cet article donne une méthode. Elle s’appuie sur des textes lus le 15 octobre 2026. Il dit aussi ce que l’association pourrait offrir, sur devis.

Ce qu’on fait dans un centre social

Selon la Caf, les centres sociaux sont des « lieux-ressources qui proposent des services et activités à finalités sociales et éducatives ». Ils « soutiennent le développement de la participation des habitants ». En clair : on y trouve des activités, et surtout un lieu où les habitants agissent.

Que fait-on concrètement ? La plaquette SENACS 2025 sur la Seine-Saint-Denis donne une photo. Elle reprend des données de 2024. Plus de 90 % des structures mènent des actions sur l’accès aux loisirs, l’accès aux droits, l’éducation, la parentalité, l’apprentissage du français, l’accès à la culture et le numérique. Toutes les actions ne viennent pas de l’équipe. En 2024, 256 actions nouvelles ont été portées, parfois à l’idée d’habitants, de partenaires ou d’élus.

Un chiffre touche de près notre sujet. Parmi les structures ayant répondu à l’enquête SENACS en Seine-Saint-Denis, 54 % se disent concernées par la thématique « Mobilité / transport ». Attention à la lecture : cela ne veut pas dire que 54 % mènent une action vélo. Cela dit seulement que le sujet de la mobilité se pose sur ces territoires.

Le vélo n’est pas un thème de la liste. Il se rattache à un thème : l’apprentissage, la parentalité, l’accès aux loisirs, la mobilité. C’est tout l’enjeu de la suite.

Le projet social, pièce maîtresse

Pour la Caf, « le projet social » est la clé de voûte du centre social. Il « décline la fonction d’animation globale ». Le centre l’écrit « impérativement » avec ses usagers et ses bénévoles.

Que contient-il ? D’après caf.fr, le projet doit :

  • comprendre un diagnostic social concerté ;
  • mettre en évidence les axes d’intervention prioritaires et les objectifs généraux ;
  • préciser les principaux résultats attendus pour chaque objectif ;
  • indiquer la nature des services et des activités éducatives, sociales, culturelles, voire sportives.

La dernière ligne compte pour nous : les activités sportives y ont leur place. Reste à les relier au reste.

Vient ensuite l’animation globale. La Cnaf, dans l’annexe de sa circulaire, écrit qu’elle « se traduit par une approche transversale qui dépasse la simple juxtaposition d’activités ». Elle repose sur trois appuis. Le premier est un diagnostic partagé. Le deuxième est l’engagement des habitants. Le troisième est le travail commun des partenaires.

Voici notre lecture, qui n’engage que cet article. Une activité vélo posée à côté des autres ne fait pas une action du projet. Elle le devient quand elle répond à un besoin du diagnostic. Une cour de vélo-école ouverte « pour faire quelque chose » reste une juxtaposition. La même vélo-école, née d’une demande d’habitants qui n’osent pas aller seuls au travail à vélo, relève du projet.

Le nouveau cadre Cnaf et les trois axes : où le vélo pourrait trouver sa place

Le cadre change. La circulaire Cnaf C 2025-238, publiée en décembre 2025, fixe le cadre de la vie sociale des centres. Elle s’applique au 1er janvier 2027 pour tout nouvel agrément et tout renouvellement. L’année 2026 sert de temps d’accompagnement. Les centres et les Caf s’approprient le texte. Vous pouvez lire la circulaire elle-même.

Son annexe organise le cadre autour de trois axes. Chaque axe compte quatre objectifs :

  • « Agir pour et avec les familles » ;
  • « Agir pour renforcer la cohésion sociale et les solidarités » ;
  • « Agir pour la citoyenneté et prévenir les exclusions ».

Un point à garder en tête. Le mot « vélo » n’apparaît pas dans la circulaire ni dans son annexe, lues le 15 octobre 2026. L’annexe précise aussi que ce cadre est « un référentiel commun d’analyse et non un cahier des charges impératif ». Personne n’oblige un centre à faire du vélo. Le vélo n’est pas un critère.

Voici alors une grille proposée par cet article, sans valeur officielle. C’est une lecture, au conditionnel, que le centre et sa Caf apprécieront :

  • Une vélo-école pour adultes pourrait se rattacher à « Favoriser l’inclusion et l’intégration ». Elle pourrait aussi relever de « Permettre l’accès aux activités culturelles, artistiques et sportives, et aux vacances ».
  • Un temps parents-enfants pourrait se rattacher à « Soutenir la parentalité ».
  • Une action pour les jeunes pourrait se rattacher à « Accompagner la jeunesse ».
  • Un atelier de réparation pourrait se rattacher à « Contribuer au développement des solidarités sur le territoire ». Il pourrait aussi nourrir la transition écologique : l’annexe parle d’une « transition écologique solidaire » qui implique les habitants, « en particulier les habitants les plus précaires ».
  • Une action hors les murs, dans l’espace public, pourrait s’appuyer sur l’aller-vers, que l’annexe présente comme « un minimum requis d’intervention » de ces structures.

À compter du 1er janvier 2027, le projet devra aussi avoir un volet familles. Un autre article montre comment constituer un groupe de femmes avant une vélo-école.

Partir du diagnostic

Une action vélo ne part pas d’un catalogue. Elle part d’un besoin. La Caf apporte son expertise au centre pour « établir le diagnostic social », concevoir certains projets spécifiques et favoriser le travail entre partenaires. Autant s’en servir.

L’annexe de la Cnaf demande aussi d’associer les partenaires financeurs à deux moments clés. Le premier est le lancement, dans la phase de diagnostic. Le second est le bouclage. Une idée de vélo qui arrive au bon moment trouve des interlocuteurs autour de la table. Arrivée après le bouclage, elle attend le cycle suivant.

Autre repère : la vie sociale du quartier peut former un axe de la convention territoriale globale. Si le territoire en a une, regardez comment l’action s’y relie.

Notre conseil pratique : venez avec une question, pas avec une réponse. « Quels trajets du quotidien vos habitants n’osent-ils pas faire ? » ouvre plus de portes que « Voulez-vous une vélo-école ? ». La réponse du diagnostic dira si le vélo a sa place, et pour qui.

Écrire l’action : objectif, résultats attendus, indicateurs

L’annexe dit ce que le projet doit contenir. D’abord les objectifs, « en lien avec le référentiel ». Puis les principaux résultats attendus pour chaque objectif. Enfin « les indicateurs de suivi pour faciliter l’évaluation ». Cela donne un canevas simple pour la fiche d’une action vélo, en trois temps.

Un objectif

Un objectif répond à la question : pourquoi ? Il se relie à un besoin du diagnostic et à un objectif du cadre. Écrivez une seule phrase, sans mot technique. Par exemple : permettre à des adultes qui n’ont jamais appris de se déplacer à vélo dans leur quartier.

Des résultats attendus

Les résultats répondent à : qu’est-ce qui sera différent ? Pensez à ce qu’un habitant saura faire, à ce qu’un groupe aura vécu, à ce qu’un bénévole aura appris. Décrivez des changements observables, pas des promesses.

Des indicateurs

Les indicateurs répondent à : comment le saura-t-on ? L’annexe indique que les données SENACS servent au bilan d’agrément, et que leurs indicateurs clés (par exemple le nombre d’habitants participants, le volume de bénévolat, le taux de mixité des publics) sont intégrés aux dossiers de projet social. Ces trois-là donnent des pistes de rédaction pour une action vélo. Vous pouvez aussi en choisir d’autres, comme la régularité de présence d’un groupe. Ce sont des pistes, jamais des résultats obtenus, et rien n’oblige à les retenir.

Imaginons une équipe de centre social qui écrit sa fiche un soir de semaine. Elle pose l’objectif, puis hésite sur les résultats. Elle relit le diagnostic et y retrouve la demande des habitants. Les résultats s’écrivent presque seuls. Les indicateurs viennent en dernier.

Dernier contrôle avant l’envoi. L’annexe retient un critère : l’accessibilité des actions en termes d’horaires et de tarification. Relisez la fiche avec une question : un habitant peut-il vraiment venir ? Pour les lieux, les créneaux et le matériel, lisez l’article sur les lieux et créneaux d’une vélo-école en centre social.

Le cycle d’agrément : quand inscrire le vélo

L’agrément du projet social est délivré par le conseil d’administration de la Caf. Il ouvre droit à des prestations de service, revalorisées chaque année. Selon les politiques locales, des subventions complémentaires peuvent aussi être attribuées. Cet article ne donne aucun montant : les sources lues n’en publient pas.

Parlons plutôt de calendrier. L’annexe prévoit un agrément d’une durée allant jusqu’à 5 ans, avec une seule prorogation, d’un an au plus. Pour un premier agrément, une période plus courte est recommandée.

Quand proposer une action vélo ? Trois moments semblent logiques. À confirmer avec la Caf du centre :

  • à la révision du projet, quand l’équipe relit son diagnostic ;
  • au renouvellement, quand le projet se réécrit ;
  • en cours d’agrément, par un avenant, si le centre et la Caf le jugent utile.

Le meilleur moment dépend de l’avancée du projet. Un centre qui vient d’obtenir son agrément n’a pas le même calendrier qu’un centre à mi-parcours. Une proposition tardive n’est pas perdue : elle attend simplement sa fenêtre. Il n’existe aucune garantie d’acceptation, et cet article ne promet rien à ce sujet.

Qui décide, qui paie

Qui décide ? Le projet appartient au centre, qui l’écrit avec ses usagers et ses bénévoles. La Caf, elle, délivre l’agrément. Une association vélo n’entre jamais dans ce circuit seule : elle apporte une action que le centre choisit d’inscrire.

Qui paie ? Cela dépend du cas, et aucun montant n’est donné ici.

Le centre peut être géré par une association. Il peut aussi l’être en gestion publique directe : conseil municipal, régie, centre communal d’action sociale. Dans ce cas, il achète comme un acheteur public. Un marché de fournitures ou de services peut alors se passer de publicité et de mise en concurrence sous 60 000 € HT, d’après l’article R2122-8. Pour le panorama des payeurs en Seine-Saint-Denis, lisez l’article sur qui achète une action vélo en Seine-Saint-Denis.

Une subvention marche autrement. La loi du 12 avril 2000 parle, à l’article 9-1, d’une action « initiée, définie et mise en œuvre » par l’organisme bénéficiaire. Le centre ou l’association choisit donc l’action, puis cherche un soutien.

Le contrat de ville est une autre piste. L’appel à projets 2027 du contrat de ville d’Est Ensemble a été lancé en octobre 2026, avec un dépôt jusqu’en novembre 2026 sur le portail Dauphin. Pour la marche à suivre, lisez comment déposer une demande de contrat de ville sur Dauphin.

Reste l’intervenant. Pour encadrer une activité physique contre rémunération, il faut un diplôme, un titre ou un CQP enregistré au RNCP. C’est ce que prévoit l’article L212-1 du Code du sport.

Ce que Vélo Passerelle peut proposer

Vélo Passerelle est une association créée en juin 2026 à Romainville. Son objet, publié au Journal officiel, comprend l’apprentissage du vélo, l’atelier de réparation solidaire, le réemploi et l’inclusion. Elle se déplace depuis Romainville, sur devis. Elle n’a aucun local.

L’encadrant est titulaire du CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916) et d’une carte professionnelle d’éducateur sportif. La fiche du répertoire national décrit ce titre. Le CQP n’est pas un diplôme d’État.

Pour les centres sociaux, l’association propose trois pistes. Elles sont détaillées sur la page des offres pour les centres sociaux. Il y a une vélo-école pour adultes, des ateliers de réparation avec l’atelier d’autoréparation et des animations de fêtes de quartier. Ce sont des offres, pas encore des actions menées.

Côté projet social, l’association pourrait aider une équipe à écrire l’objectif, les résultats et les indicateurs d’une fiche d’action vélo. Elle ne dit rien de l’agrément : c’est la décision de la Caf. Pour voir tout ce qu’elle propose aux structures qui commandent une action, ouvrez la page des structures qui commandent une action vélo. Si une idée prend forme, vous pouvez demander une intervention ou un devis.

Questions fréquentes

Qui finance les séances d’une action vélo dans un centre social ?

Le projet social du centre reçoit l’agrément de la Caf, qui peut verser des prestations de service. Selon la politique de chaque Caf, des subventions complémentaires peuvent exister. Une subvention finance une action que l’organisme initie et définit lui-même. Le plus sûr est de poser la question à la Caf du centre.

Comment inscrire une action vélo dans le projet social d’un centre ?

On part d’un besoin du diagnostic. On écrit ensuite un objectif, des résultats attendus et des indicateurs de suivi. Puis on discute la fiche avec l’équipe du centre et avec la Caf. C’est la méthode proposée par cet article, au conditionnel.

Le vélo est-il un objectif obligatoire du projet social ?

Non. Le cadre de la Cnaf est un référentiel commun d’analyse, pas un cahier des charges impératif, et le vélo n’y est pas cité. Une action vélo se rattache à un objectif existant, comme l’inclusion ou la parentalité. Au centre et à sa Caf d’en juger.

À quel moment proposer une action vélo : renouvellement ou en cours d’agrément ?

Un agrément dure jusqu’à 5 ans. L’action pourrait être proposée à la révision du projet, à son renouvellement ou par un avenant. Cela se confirme avec la Caf du centre, qui connaît le calendrier local.

Quels indicateurs retenir pour une action vélo ?

Ce sont des pistes, jamais des résultats. On peut penser au nombre d’habitants participants, au volume de bénévolat ou à la mixité des publics, comme les indicateurs SENACS. Le centre choisit ceux qui correspondent à son objectif et qu’il sait mesurer.

Comment mobiliser les habitants et quels publics prioriser ?

Le projet social s’écrit avec les usagers et les bénévoles. Les publics se choisissent donc à partir du diagnostic, pas avant lui. Une méthode détaillée existe dans l’article sur le groupe de femmes. Aucune recette n’est prouvée : chaque centre connaît ses habitants.

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