Éducation routière à l’école primaire : ce que prévoit le programme (APER, Savoir Rouler)
Imaginons une enseignante de primaire, ou un parent d’élève, qui tape « kit sécurité routière école » dans un moteur de recherche. Elle espère une mallette toute prête, envoyée par le ministère à chaque école.
Cette mallette n’existe pas. L’éducation routière est bien obligatoire à l’école, mais elle repose sur un cadre écrit dans la loi, sur une attestation que l’école remet à chaque élève (l’APER) et sur des ressources publiées par plusieurs organismes. Cette page fait le tri, au 15 octobre 2026.
Ce que la loi impose à l’école
Le Code de l’éducation est clair : l’enseignement du code de la route est obligatoire et fait partie des programmes du premier et du second degré. C’est l’article L312-13. Il ne s’agit donc pas d’une option que l’école choisirait en fin d’année si elle a le temps.
Un autre article, D312-43, précise la manière de faire. L’enseignement de la sécurité routière entre dans les horaires et les programmes déjà en vigueur. Il est transdisciplinaire : il se glisse dans plusieurs matières, sans cours à part.
Ensuite vient l’attestation. D’après l’article L312-13-2, les écoles délivrent à chaque élève l’APER, l’attestation de première éducation à la route. Le même article demande aux écoles de faire connaître aux familles les offres de formation des structures locales, sur les temps périscolaire et extrascolaire.
Le texte de référence pour appliquer tout cela reste la circulaire n° 2016-153 du 12 octobre 2016, parue au Bulletin officiel n° 38 du 20 octobre 2016. Elle remplace une circulaire plus ancienne, datée de 2002.
Du cycle 1 au cycle 3 : ce qui est travaillé, et après
La circulaire demande une continuité. L’enfant ne découvre pas la sécurité routière une seule fois en CM2 : on s’appuie sur les domaines et les matières des trois cycles de l’école.
Elle range les compétences selon trois usages de la rue et de la route. L’élève est tantôt piéton, tantôt passager, tantôt rouleur, à vélo ou sur un autre engin. Deux compétences valent pour toutes les situations : connaître et respecter les règles essentielles du code de la route, et savoir donner l’alerte et protéger en cas d’accident.
Pour l’élève rouleur, la consigne tient en une phrase. Il doit conduire un engin adapté et bien entretenu, dans des espaces appropriés, en maîtrisant sa conduite et en tenant compte des autres.
Cycle 1, maternelle
À la maternelle, Éduscol rattache le sujet à l’éducation physique. Les enfants apprennent à se déplacer avec aisance et en sécurité dans des environnements variés, naturels ou aménagés. Ils enchaînent aussi leurs déplacements en tenant compte d’obstacles.
Cycle 2, CP à CE2
Au cycle 2, l’attendu est un parcours dans un espace aménagé et sécurisé, avec un environnement inhabituel pour l’enfant, et le respect des règles de sécurité. En CP et en CE1, l’enseignement moral et civique ajoute les règles collectives, l’autonomie, puis la prise d’initiative. Le professeur peut alors s’appuyer sur l’APER.
Cycle 3, CM1 à 6e
Au cycle 3, l’enfant réalise un parcours dans plusieurs environnements inhabituels, seul ou à plusieurs. Il doit connaître les règles de sécurité de chacun d’eux. Pour l’apprentissage du vélo à cet âge, un article dédié au Savoir Rouler à Vélo en CM1 et CM2 détaille le programme. Et pour revoir les règles elles-mêmes, voyez le code de la route à vélo expliqué simplement.
Le parcours ne s’arrête pas à l’école. Au collège, au cycle 4, les élèves passent l’ASSR1 puis l’ASSR2, deux attestations scolaires de sécurité routière.
L’APER : ce qu’elle valide, quand et où la trouver
L’APER n’est ni un examen, ni un permis, ni un diplôme. C’est une attestation scolaire. Selon Éduscol, elle valide de façon progressive des règles et des comportements liés à la rue et à la route, ainsi que la connaissance de leur raison d’être.
Éduscol la situe au plus tard au cycle 3, de préférence en CM2. La circulaire de 2016 ajoute un point utile : l’école n’a pas à attendre forcément la dernière année du cycle pour la délivrer.
Côté pratique, les enseignants peuvent la modifier depuis le Livret scolaire unique, le LSU. La famille la retrouve dans un téléservice. La circulaire demande aussi d’associer les parents aux actions menées, dans une démarche de coéducation. Une étude nommée QASPER, conduite par l’université Gustave Eiffel et publiée en 2018, a évalué la mise en œuvre de l’APER à l’école élémentaire.
Le « kit » : les ressources réellement publiées
Le mot « kit » fait chercher une boîte unique. Pourtant il n’existe pas un kit unique. Ce que l’Éducation nationale et ses partenaires publient, ce sont des ressources séparées, que chaque équipe assemble à sa façon :
- Le guide « Quelques repères pour enseigner la sécurité routière du cycle 1 au cycle 3 », cité par la circulaire. Pour chaque usage de la route et chaque cycle, il recense les compétences travaillées et des exemples de pratiques en classe ou à l’extérieur.
- Le film d’animation « Le feu rouge clignote, tu stoppes », de Réseau Canopé, sur les dangers aux abords d’un passage à niveau. Il s’adresse aux élèves de 9 à 12 ans, avec une fiche pour l’enseignant et une fiche pour les parents.
- Le permis piéton de l’association Prévention MAIF. Prévention MAIF le juge adapté aux élèves de CE2, et Éduscol dit qu’il concourt à valider l’APER.
- Le support « L’enfant à vélo » de l’association Prévention Routière : 16 dossiers pédagogiques et 60 fiches d’activité pour le cycle 3.
- Le projet « Mon cerveau, mon ami pour la route », pour les élèves de cycle 3. Il part de petites expériences sur la vision et l’attention.
Le ministère des Sports publie de son côté un kit pédagogique du Savoir Rouler à Vélo. Pour le détail et les jeux de cour, un article sur les exercices et jeux de cour fait le tour de la question.
Autre ressource, plus humaine : la circulaire cite un réseau de coordonnateurs académiques « sécurité routière », qui aide les enseignants près de chez eux.
Exemples d’activités à vélo, cycle par cycle
Le guide « Quelques repères » donne des pistes concrètes pour l’élève rouleur. Elles se lisent bien comme une progression.
- Cycle 1 : choisir d’abord le bon équipement de sécurité, à partir d’images de vélos, de tricycles, de trottinettes ou de draisiennes. Puis, dans un lieu protégé, enchaîner des parcours pour garder son équilibre, rouler droit, ralentir, freiner et s’arrêter.
- Cycle 2 : suivre un parcours balisé avec des cônes et des tracés à la craie pour figurer trottoirs et passages piétons. On y apprend à rouler en groupe de 6 et à garder 3 à 4 mètres entre deux vélos.
- Cycle 3 : rouler sur un parcours urbain avec, si possible, des feux, des intersections et des panneaux. On apprend aussi à vérifier et préparer son vélo, puis à prévoir un changement de direction avec le bras.
Dans cet esprit, Vélo Passerelle peut proposer un parcours de maniabilité en fête de quartier. Soyons nets : ce parcours ne délivre ni APER, ni attestation, ni bloc validé. C’est une façon de faire pratiquer les gestes de base dans un cadre ludique, à côté de ce que fait l’école. Pour les pistes d’éducation routière installées dans une cour, lisez plutôt l’article sur les parcours mobiles pour enfants.
APER et Savoir Rouler à Vélo : le lien
Le Savoir Rouler à Vélo, le SRAV, est un autre dispositif. Il n’est pas obligatoire. D’après le ministère des Sports, il s’adresse aux enfants de 6 à 11 ans et représente 10 heures de formation au minimum, réparties en 3 blocs. À l’école, il contribue à valider l’APER.
Le lien se joue à deux endroits. Un enfant titulaire de l’APER est de droit titulaire du bloc 2. Et l’attestation du Savoir Rouler à Vélo n’est remise qu’à l’issue du bloc 3, aux enfants qui ont acquis les compétences des trois blocs.
Un chiffre donne l’échelle. Le bilan 2025 publié au Bulletin officiel n° 18 du 30 avril 2026 compte 264 361 enfants formés, pour une couverture nationale de 32,37 %. Autrement dit, la majorité des enfants de cet âge n’est pas encore touchée.
Pour comparer permis vélo, APER et SRAV, lisez la différence entre permis vélo et Savoir Rouler. Pour savoir qui valide quoi, voyez qui peut valider le Savoir Rouler à Vélo. Les parents trouveront le déroulé dans le guide du Savoir Rouler à Vélo.
Qui peut intervenir en classe
Imaginons maintenant un directeur d’école qui veut inviter un intervenant pour une séance de vélo. Le principe est simple : l’enseignant garde la main, et l’intervenant extérieur vient en appui. L’article D312-45 permet aux enseignants de faire appel à des membres d’associations intervenant en sécurité routière.
Pour tout intervenant, sur le temps scolaire, deux règles s’appliquent :
- Une règle d’agrément existe, et le directeur d’école doit donner son autorisation préalable. La circulaire n° 2017-116 précise que l’agrément ne remplace jamais cet accord.
- Un intervenant payé doit être qualifié et détenir une carte professionnelle en cours de validité. En général, les éducateurs sportifs titulaires d’une carte professionnelle en cours de validité sont réputés agréés pour l’activité. Ils présentent leur carte au directeur et à l’enseignant avant d’intervenir. Les conditions détaillées sont dans la fiche du ministère des Sports sur l’encadrement.
Les accompagnateurs bénévoles (adultes qui accompagnent la classe sans intervenir comme animateurs) ne sont pas soumis à l’agrément, mais le directeur doit les autoriser, et un accompagnateur bénévole ne reste jamais seul avec un élève.
Dernier point, qui concerne tous les parents : en circulation, le casque attaché est obligatoire pour les moins de 12 ans, conducteur comme passager. Pour organiser une séance côté direction, un guide à l’usage des directeurs d’école détaille les étapes.
Ce que Vélo Passerelle peut proposer
Vélo Passerelle est une association née en juin 2026, dont l’objet a été publié au Journal officiel des associations le 16 juin 2026. Aucune séance n’a encore eu lieu : ce qui suit décrit ce qu’elle peut proposer, pas ce qu’elle a déjà fait.
Sur devis, en itinérance depuis Romainville, elle peut proposer deux choses. D’abord, un renfort ou un co-encadrement d’un Savoir Rouler à Vélo, aux conditions réglementaires que décrit la section précédente. Ensuite, le parcours de maniabilité en fête de quartier évoqué plus haut. Aucun établissement n’est partenaire à ce jour, et l’association ne fournit ni vélos ni casques.
L’intervenant est titulaire du CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916) et d’une carte professionnelle d’éducateur sportif. Le CQP figure au répertoire de France compétences ; ce n’est pas un diplôme d’État.
Pour en savoir plus, voyez la page Savoir Rouler à Vélo. Une école, une commune ou un organisateur peut aussi passer par la page commanditaires pour demander un devis.
Vérifié le 15 octobre 2026.
Questions fréquentes
Existe-t-il un kit sécurité routière fourni à chaque école ?
Non. Aucun kit unique n’est distribué à toutes les écoles. Les enseignants disposent d’un guide, de supports cités par Éduscol et du kit pédagogique du Savoir Rouler à Vélo publié par le ministère des Sports. La section sur les ressources en donne la liste.
L’APER est-elle obligatoire, et à quel âge la délivre-t-on ?
Les écoles la délivrent à chaque élève. Selon Éduscol, c’est au plus tard au cycle 3, de préférence en CM2, sans attendre forcément la dernière année. C’est une attestation scolaire, pas un examen : on ne la rate pas, elle valide des acquis progressifs.
Le Savoir Rouler à Vélo est-il obligatoire à l’école primaire ?
Non, il n’est pas obligatoire. En revanche, un enfant titulaire de l’APER est de droit titulaire du bloc 2. L’école peut donc s’appuyer sur son travail d’éducation routière pour avancer dans le dispositif, sans tout recommencer.
Une classe peut-elle faire intervenir une association pour l’éducation routière ?
Oui. L’article D312-45 du Code de l’éducation permet aux enseignants de faire appel à des membres d’associations spécialisées. L’intervenant vient en appui de l’enseignant, avec l’autorisation préalable du directeur. Les règles d’encadrement sont décrites plus haut.
Un parcours de maniabilité en fête de quartier remplace-t-il l’APER ?
Non. Ce parcours ne délivre ni attestation, ni APER, ni bloc validé. C’est une offre que Vélo Passerelle peut proposer, sur devis, pour faire pratiquer des gestes de base. Aucune séance n’a encore eu lieu à ce jour.
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